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Hindouisme et origines |
Religion et philosophie de plus de 800 millions dhommes, lhindouisme est né en Inde comme lindique son nom. Ses origines sont relativement floues et ne peuvent être rattachées à un fondateur réel ou mythique. Les traces les plus anciennes de lhindouisme remonte à environ 2000 ans avant notre ère, lorsque les Aryens, population originaire du Moyen-Orient et dIran, envahirent lInde du Nord via lHimalaya. Ils découvrent dans le bassin de lIndus des rituels locaux quils vont développer et organiser en une religion nouvelle : lhindouisme. Les textes sacrés sont regroupés dans divers recueils célèbres au style à la fois poétique et religieux qui aujourdhui encore régissent la vie quotidienne de lensemble de la société indienne : les 4 Vedas, les Upanishads, les Puranas et la Bhagavad Gita.
La base de lhindouisme est caractérisé par la nécessité pour chaque homme de prendre «conscience de soi» de deux manières. Le soi individuel au sens propre (honnêteté, avidité, sincérité, cruauté, envie, hypocrisie, charité
) est conditionné par les passions des cinq sens. Il sagit en quelque sorte de ce que nous appelons lâme. Le soi universel symbolise la place et le rôle de lhomme dans le monde. Lhindouisme considère dailleurs que les homme sont en perpétuelle réincarnation et ne peuvent rien posséder. Cette religion accorde les mêmes qualités à certains animaux, dont la vache.
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La vache et les dieux indiens |
Précisons demblée que la vache en tant que telle nexiste pas en Inde. Ni normande, ni holstein, ni blonde dAquitaine ny paissent et ce quon nomme usuellement vache sont des zébus ou bos indicus (mâles et femelles, cela va sans dire). On parle souvent de millions de divinités qui se partagent le foisonnant panthéon indien mais nulle trace de vache parmi eux. En réalité, si la vache est sacrée, elle nest pas déifiée et on ne trouve aucun temple en Inde qui lui soit consacré. Les textes sacrés hindous racontent que la vache a été créée par Brahmâ, divinité à lorigine du monde, le premier jour du mois de Vaishâkha (avril-mai), en même temps que le brahmane. Elle est donc aussi sacrée que lui et a la
même valeur spirituelle. Cependant, elle est considérée comme lanimal de compagnie des dieux Krishna et Shiva.
Krishna passa en effet son enfance au milieu des vaches et des chèvres, car il fut confié par ses parents à un couple de vachers. La légende raconte également quadolescent, Krishna séduisit plus de mille gôpis, filles de vachers dont nombre devinrent ses femmes. Divinité essentielle de lhindouisme, dieu le plus vénéré dInde, Krishna est souvent représenté entouré de jeunes femmes, de vaches et jouant de la flûte. On le nomme également Venugopâla ou Maître des Vaches à la flûte. Dieu de la vie et de la mort, Shiva est très souvent représenté à côté de Nandi, le taureau qui est son animal-support et symbolise les forces terrestres et de procréation.
Enfin, la tradition hindoue donne à la plus haute demeure céleste de Vishnu, Goloka, un nom dérivé de celui des bovins (la vache se dit go en sanscrit).
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La valeur symbolique de la vache |
Voici donc notre vache indienne en belle compagnie entourée de dieux importants de lhindouisme. Mais quelle place a-t-elle exactement dans ce panthéon ? La plupart des indiens pensent que les vaches qui déambulent placidement dans leurs villes et villages ont la personnification de tous les dieux du panthéon indien et des centres de pèlerinage. Selon la légende, Surabhi, la mère de toutes les vaches, figurait parmi les trésors qui apparurent après le barattage de locéan cosmique. Les vaches donnent cinq produits sacrés, ou pancagavya (le lait, le caillé, le beurre, lurine et la bouse), qui jouent toujours un rôle essentiel dans la vie quotidienne de millions dindiens. Le mélange de ces cinq éléments est considéré comme extrêmement purificateur pour lâme et le corps, et nombreux sont les hindous qui labsorbent.
Bien que sacrée, la vache indienne possède un organe impur : sa bouche. Cela vient dun mensonge quelle fit un jour lors dune dispute entre Brahmâ et Shiva. Elle prit délibérément le parti de Brahmâ et mentit. Mais Shiva découvrit ce mensonge et déclara que, dorénavant, la vache serait sacrée mais que sa bouche serait éternellement impure. En dépit de cet anathème, les indiens ne consomment pas de langue de buf !
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Les indiens et leurs vaches |
Un hindou pieux ne passera jamais à côté dune vache sans la toucher de sa main quil portera ensuite au front en signe de respect et dhommage. Il nest pas question non plus de frapper, dinsulter ni de tuer une vache. Il ne mangera pas non plus de sa chair car la vache et le boeuf étant sacrés pour les hindous de toutes castes, ce serait un acte de cannibalisme. En réalité, seule la bouse de vache indienne est réellement utilisée couramment. Les femelles zébus donnent en effet peu de lait, et la majorité des produits lactés consommés en Inde proviennent de bufflonnes ou de vaches importées dorigine étrangère. Quant les vaches et les bufs décèdent, leur cuir est néanmoins utilisé mais il est tanné et traité par les intouchables qui seuls peuvent toucher et dépecer ces animaux sans crainte dêtre définitivement condamné par un tel acte.
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Une thèse hindoue iconoclaste |
Tout était pour le mieux entre vaches et hindous jusquà ce quun illustre historien jette un sabot dans la mare
Selon Dwijendra Narayan Jha, professeur dhistoire à luniversité de New Delhi et spécialiste de lInde ancienne, les hindous auraient autrefois mangé de la viande de buf avant que les textes religieux et les coutumes ne linterdisent. Pour démontrer cela, il sappuie notamment sur les Manusmriti ou Lois de Manu, code juridique antique, qui dresse la liste des animaux qui peuvent être consommés. Le seul interdit concerne le chameau. Dans une phase ultérieure, les textes sacrés hindous parlent de «lancienne pratique» consistant à manger du buf. Daprès D. N. Jha, ce seraient les brahmanes qui auraient petit à petit imposé cette interdit alimentaire afin dattribuer une place précise aux individus dans la hiérarchie sociale : celui qui mange du buf est un intouchable, un hors-caste. La vache fut donc consommée en Inde avant larrivée des musulmans.
Bien entendu, cette théorie a soulevé de nombreux remous. La publication de louvrage de Jha, Holy Cow Beef in Indian Dietary Traditions (La vache sacrée le buf dans la tradition alimentaire de lInde) a suscité des réactions violentes de la part des extrémistes hindous et lauteur a reçu plusieurs fois des menaces de mort. De plus, un tribunal dHyderabad a interdit le livre. Il ne donc toujours pas bon défendre le rôti ou la côte de buf en Inde
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La théorie économique indienne de la vache |
Nous allons profiter de ce tour dInde de la vache pour évoquer une dernière théorie qui explique linterdiction hindoue de consommation de viande bovine grâce à léconomie. Les savants calculs de certains économistes ont montré que la vache est un élément essentiel de lagriculture vivrière pratiquée dans les campagnes indiennes. Instrument de labour, la vache indienne se nourrit chichement de déchets de lalimentation humaine et produit un combustible irremplaçable, la bouse. Cest grâce aux bouses séchées de leurs millions de vaches que les Indiens cuisinent leurs repas quotidiens faute de bois. La consommation des vaches entraînerait donc une pénurie de combustible et un drame économique pour des dizaine de millions dindiens. Dans ce sous-continent à la pauvreté absolue, la bouse semble bien avoir sauvé la vache !
La vache sacrée indienne est donc le résultat de la religion, la tradition et des contraintes sociales et économiques. Cela dit, les currys de buf figurent en bonne place dans nombre de restaurants indiens
Au pis soit qui mal y pense, les zébus nous feront encore longtemps les yeux doux !
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