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| Directeur du CIV (Centre dInformation des Viandes) depuis sa création il y a quinze ans, Louis Orenga connaît bien les filières de la viande. Lors de la dernière crise de la vache folle, il a su faire face à la montée des pressions, de tous ordres, tant du milieu agricole que des consommateurs. Cest quil nétait pas facile, en ces circonstances, de garder la tête froide et de continuer à délivrer un message de raison. Aujourdhui, alors que la situation semble apaisée et que le Salon de lAgriculture a prouvé lengouement du public pour cette manifestation, Louis Orenga nous a accordé une interview sur son expérience, sa mission et le rôle du CIV. Quelle est votre formation ? L.O : Elle na rien dagricole au départ. Jai une formation commerciale (Institut de commerce international puis de lInstitut de Commerce de Paris) que jai poursuivi par un DESS à Paris-Dauphine et enfin un doctorat de gestion. Ensuite, après différents emplois, notamment à Sopexa, dans le domaine de la distribution, des produits laitiers et des fruits et légumes, je suis arrivé à la Caisse Nationale du Crédit Agricole où je me suis occupé du secteur de la production végétale. Quand êtes-vous entré au CIV ? L.O : En 1987 je rejoins le CIV à la demande du Président Marcel Bruel lors de la création du Centre. Il avait été créé cette même année à linitiative de linterprofession et des pouvoirs publics. Le Président Marcel Bruel était alors Président de lInterprofession et du Conseil de Direction de lOFIVAL. Pouvez-vous nous en dire plus sur le rôle du CIV ? L.O : Comme son nom lindique le CIV a été créé dans loptique dun centre dinformation. Nous traitons des Ovins et des Bovins exclusivement. On a scindé très clairement, concernant la communication, les actions dinformation des actions de promotion (qui elles sont restées dans le domaine de linterprofession). Le conseil dadministration est composé de lensemble des professionnels de la filière des deux secteurs bovins et ovins plus de lOFIVAL. Comment sarticule laction du CIV ? L.O : Comme le CIV cest avant tout linformation, nous avons voulu un lieu où il est possible de débattre et darriver à un consensus. Cest ainsi que nous réunissons les professionnels, les Pouvoirs publics, des associations de consommateurs, des scientifiques et que nous avons créé un comité éthique. La spécificité du CIV cest que laction vient de la complémentarité de ces différents interlocuteurs. Où placez-vous votre rôle ? L.O : Cest très clair : nous avons un rôle dinformation générique prenant en compte les préoccupations de toute la filière et en préservant lintérêt général au sens large du terme. Vous naurez jamais une action qui va promouvoir telle ou telle marque, région ou race, mais plutôt une mission dexplication par exemple sur des décisions prises par les pouvoirs publics ou les professionnels. Lorsquil y a divergence entre différentes composantes, le rôle du CIV est dexpliquer le pourquoi. Cest une vocation de pédagogie et déducation, ce qui nécessite parfois dexpliquer également pourquoi tel ou tel problème survient. En ça, on se différencie du secteur économique car notre rapport au temps nest pas le même. A court terme, on peut mener une action qui soit très contraignante pour une filière, mais qui ultérieurement se révélera bénéfique pour tout le monde. Nêtes-vous pas cependant pris parfois entre la défense dintérêts catégoriels et ceux des consommateurs ? L.O : Non. Le CIV a une vocation de faire en sorte que la place de la viande dans notre alimentation et la place de lélevage dans notre paysage agricole soit juste. Dailleurs, quand on demande comment les gens nous perçoivent, il y a un mot central qui ressort, cest médiateur. Lavenir de la filière ne peut se concevoir sans ladhésion des consommateurs. Y a-t-il dautres CIV en Europe ? L.O : Aujourdhui, le positionnement du CIV est unique en Europe. Certains pays réfléchissent à la création dune structure analogue notamment lItalie, de même une initiative de ce type est prise au Brésil. Sur les autres pays, il ny a rien de ce type, mais il y a des organisations qui font de la publicité et de la promotion qui joue un rôle important dans la dynamisation des marchés, mais dans un cadre différent. LEurope a donc là un vaste chantier. Quel serait ce positionnement ? L.O : Le fait quaujourdhui un secteur économique mette de largent dans un centre dinformation qui ne va pas faire de la promotion correspond à une grande maturité du secteur professionnel à prendre en compte les évolutions de notre société parce quon sadresse au consommateur en tant que citoyen. Au début les gens ont acheté pour leur subsistance, ils sont passés dacheteurs à consommateurs, en pensant à leur confort, à leur choix, puis ils sont devenus citoyen-consommateur. Cest-à-dire quils achètent pour se nourrir, faire des choix et en plus ils veulent des repères et que lon respecte certaines valeurs. Le CIV correspond à cette nouvelle étape, qui va au-delà dacheter avec le côté utilitaire. Elargirez-vous votre action à dautres viandes ? L.O : Le CIV reste une volonté professionnelle, les évolutions dépendent donc des professionnels. Cela dit sur les thématiques du CIV, il ny a pas dobstacle à priori pour que nous puissions délivrer une information plus large. Rien ne sy oppose, cest une réflexion et une démarche qui, encore une fois, appartiennent aux professionnels. Quel est le financement du CIV ? L.O : En temps normal le budget est réparti à 80 % côté Professionnels et 20 % côté Publics mais, avec la crise, le ratio a été momentanément porté à 50-50 et nous avons eu un complément de lEurope. Le budget action se situe autour de 2,5 millions dEuros, pour une équipe dune dizaine de personnes. La partie de la communication (publicité et promotion) de linterprofession, elle, est plus importante : elle était ces dernières années denviron 8 millions dEuros. Avec laugmentation de la cotisation (doublement) qui a été votée en septembre dernier, nous allons passer à 4,5 millions dEuros pour le CIV. Vous allez donc encore plus communiquer en 2002 ? L.O : Oui. Il est bon de rappeler que la viande a toujours fait partie de notre culture, de lAntiquité à nos jours. Et la consommation se redresse, il faut maintenir cette volonté de transparence et dinformation. Différents thèmes seront développés : la sécurité sanitaire, la nutrition, la place de la viande dans une alimentation équilibrée, létiquetage et la traçabilité, les démarches de qualité. Ces thèmes doivent également sadapter aux demandeurs, cest pourquoi des actions spécifiques seront menées dans les collectivités ou vers les jeunes, par exemple. |
Que pensez-vous des dénominations dorigine ? |
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