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| Personnage haut en couleur, connaisseur des filières de la viande, la cinquantaine épanouie, Bernard LEGUILLE est aujourdhui le PDG de Beauvallet Restauration, fournisseur (entre autres) de la chaîne Hippopotamus. Son parcours et son activité nous ont paru intéressants pour découvrir une facette de la profession qui dhabitude sexprime peu, tout au moins auprès du grand public. Cet ancien chevillard reconverti en homme daffaires qui voyage dun continent à lautre, nen garde pas moins les pieds sur terre. Comment avez-vous démarré dans cette activité ? B.L : Tout simplement par un apprentissage de boucherie, ce qui est le ba.ba puis je me suis orienté rapidement vers le commerce des bestiaux et à 21 ans, au début des années 70, jai dirigé une entreprise de triperie, à Cahors. Ensuite, jai travaillé pour les Abattoirs de Brive et je me suis mis à mon compte en 1978/79 en ciblant déjà la restauration. Aviez-vous des origines qui vous prédestinaient à ce métier ? B.L : Oui, dans la mesure où mes grands-parents étaient éleveurs dans le Charolais et mon père, lui-même négociant. Jai donc baigné dans ce milieu, accompagnant mon père sur les marchés et préférant dailleurs la nature, le contact avec les bêtes aux bancs de lécole ! Les choses ont-elles beaucoup changé ces vingt ou trente dernières années ? B.L : Oui et notamment à la lueur des derniers événements liés à la crise de la «vache folle». En ce temps-là, dans ma jeunesse, les choses se passaient beaucoup au «feeling», à la confiance ce qui ne veut pas dire que tout était parfait. Il y avait par exemple des cas de fièvre aphteuse, mais pour autant on ne décimait pas un troupeau. Or aujourdhui on parle de traçabilité, cest même un leitmotiv pour ne pas dire une obsession, mais il ne faudrait pas oublier que cest la qualité qui doit primer. Une viande tracée de qualité médiocre ne fera jamais un bon morceau dans votre assiette. Y aurait-il des regrets dans votre appréciation ? B.L : Non, mais une certaine nostalgie sûrement. Je pense que notre société de consommation a engendré une industrialisation dont on voit les limites maintenant. Il ny a rien de plus naturel quune vache dans un pré. Vous savez, la vie dune vache était (et reste encore) normalement très paisible. Cest un animal qui vit à lair libre (à linverse de certains autres élevages) puis son destin un jour lamène à labattoir, mais en principe en douceur, sans violence. Auparavant, la carcasse restait à lair libre, la viande mûrissait car la température faisait quil y avait maturation. Aujourdhui, on transporte, on tue puis on met en chambre froide. Cest donc au boucher de faire maturer sa carcasse pour obtenir saveur et tendreté. |
Comment définiriez-vous votre métier aujourdhui ? |
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