|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Jambon, jambon olé ! |
Symbole dabondance, le jambon en Espagne est à la fois une référence religieuse et une métaphore sexuelle. Cest ce que décrit lécrivain Manuel Vasquez Montalban, auteur à succès et créateur du détective Barcelonais Pepe Carvalho. Cest même le seul écrivain qui fait préparer à son héros des petits plats, lesquels ont été réunis dans «Les recettes de Carvalho».
«Le jambon a uni les Espagnols au moins autant, sinon plus que la Guardia Civil
Le jambon fait partie intégrante de limaginaire espagnol de labondance et on ne se souvient jamais assez quil fut la marque des anciens chrétiens
Le jambon érigé en une des preuves de lexistence de Dieu. On appelait marrane (de marrano qui signifie porc), le juif converti soupçonné de ne lêtre pas entièrement. En le désignant ainsi sous ce terme le chrétien mangeur de cochon exprimait son intolérance mesquine et sa désaffection, ingrat qui use du nom de ce quil dévore pour insulter*.»
Gongora (grand poète espagnol du XVIème siècle) de son côté ne disait-il pas : «En votre absence, je me régalerai, le lard sera comme laurore se levant parmi le chou».
Pas de doute, le jambon salé est en Espagne lobjet de tous les désirs, de tous les appétits. «Dans ce pays, il était logique que ce soit la patte plutôt que lépaule du cochon qui séduise puisquelle soutient ces fesses quapprécie tant le regard furtif, quil soit masculin ou féminin.*»
A cela le gastronome ajoutera ses recettes «jambonnières» :
amuses-gueules de jambon à lail et aux fèves, jambon en croûte qui consiste en du jambon haché, mélangé à sa graisse fondue, des herbes aromatiques et de la mie de pain disposé en couches successives et passé au four pour former un pain de jambon.
Laissons le fin mot à notre auteur si gourmet :
«Persécuté pendant des siècles par des diététiciens inquisiteurs, le jambon a été réhabilité au même titre que la sardine. Consommé avec enthousiasme et prudence, il naugmente pas le cholestérol et il nourrit plus lâme quil ne fait grimper le taux dacide urique. Et en ces temps danorexie de lâme, il serait dune extrême cruauté dinterdire le jambon, doù quil vienne»*.
Bigas Luna, réalisateur du film «Jamon, jamon» naurait pas dit mieux, lui qui laissa à la belle Pénélope Cruz le soin déveiller le cochon qui sommeille en nous !
A lire
Les recettes de Carvalho chez Bourgois (1996)
Les romans de Manuel Vasquez Montalban dont lirrésistible « Labyrinthe des olives » sont parus en poche dans la collection Points Seuil
(*extraits dun article paru dans le journal espagnol El Pais)
A voir
«Jamon, jamon» de Bigas Luna avec Pénélope Cruz (disponible en vidéo)
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
|