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Fin d’embargo sur les viandes britanniques

L’avis favorable de l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire) permet aux viandes britanniques de faire un retour dans nos boucheries. Faut-il être rassuré ou doit-on être encore vigilant ?

L’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments a fait sauter le verrou : «l’importation des viandes britanniques n’est plus de nature à remettre en cause le niveau de sécurité actuellement garanti au consommateur en France.».
C’est donc la fin de trois ans d’embargo que la France maintenait, il faut le préciser, en contrevenant aux dispositions communautaires. En effet, en septembre 1999, contrairement à la décision de la Commission européenne, la France avait décidé de ne pas lever l’embargo. En dépit de nombreuses pressions, émanant aussi bien de Londres que de Bruxelles, le gouvernement français refusait l’ouverture de ses frontières au bœuf britannique. En juillet de cette année, la Cour de justice de l’Union européenne menaçait de nous infliger une astreinte quotidienne de 158 250 euros. Si le nouveau gouvernement français ne semblait pas s’en émouvoir outre mesure, c’est l’avis de l’Afssa qui ramène la France dans le droit chemin communautaire.

Nouveaux tests et avis favorable
Après de nouveaux tests de dépistages des bovins de plus de 30 mois, l’Afssa présidée aujourd’hui par le professeur Marc Eloit, estime que «les conditions de maîtrise du risque dans les deux pays se sont améliorées». Pourtant, le cheptel britannique demeure entre 7 et 10 fois plus contaminé par l’agent de l’encéphalopathie spongiforme bovine que le cheptel français. Alors, risque virtuel? Non,
l’Afssa conclue que les risques sont devenus de même ordre entre les deux pays et le maintien de l’embargo serait plus de nature politique que fondé sur un rationnel scientifique.

Résultat, le 2 octobre, le gouvernement français annonçait la levée de l’embargo qui visait les viandes d’origine britannique considérées comme pouvant être potentiellement contaminées par le prion responsable des formes animale et humaine de la maladie dite de la vache folle.
Avant l’embargo décrété en mars 1996, les importations représentaient 6% de la consommation française de produits bovins. Aujourd’hui, l’ensemble des exportation britanniques a chuté pour ne plus représenter que 15 000 tonnes.

L’étiquetage en première ligne
A ce jour, les professionnels français ne semblent pas craindre le retour de la viande bovine britannique.
La Confédération paysanne jugeait même incohérent l’embargo «alors que les viandes en provenance des pays tiers ne pratiquant aucun dépistage de l’ESB (hors UE) alimentent dans la plus totale opacité les industriels de la restauration rapide».
Une chose est sûre, l’indication de l’origine de la viande est désormais obligatoire en grande surface autant que chez les bouchers (depuis le 1er janvier 2002) et les consommateurs, que ce soit chez eux, ou au restaurant, comme pour les plats cuisinés et les cantines exigent la traçabilité. C’est ce qui devrait être mis en place avec de nouvelles mesures concernant l’étiquetage des viandes bovines. A chacun de prendre le taureau par les cornes ou plutôt de suivre bœuf au plus près, par sa carte d’identité.